Semaine de l’industrie : les déchets, précieuses ressources

Usine Osilub située sur la zone industrielle du Havre
Usine Osilub, qui traite et recycle les huiles moteur usagées sur la zone industrielle du Havre © Vincent Rustuel – Le Havre Développement

A l’occasion de la Semaine de l’Industrie, des entreprises œuvrant pour l’économie circulaire ouvrent leurs portes au public. La région du Havre et de l’estuaire a en effet transformé la gestion des déchets ménagers ou industriels en une filière performante au service de la compétitivité et de l’attractivité économique du territoire.

 

Avez-vous entendu parler d’économie circulaire ? Prenant le contre-pied du système linéaire (extraire – fabriquer – consommer – jeter), l’économie circulaire propose de réévaluer notre vision des déchets, considérant qu’ils peuvent être transformés en matière première ou énergie réutilisable. Longtemps considérés comme des nuisances, les déchets deviennent aujourd’hui des ressources potentielles. Cette alchimie improbable est née d’une prise de conscience progressive de la limite des ressources naturelles et du modèle économique adopté par nos sociétés depuis des décennies. En bouclant la boucle, le modèle circulaire génère de nouvelles activités à part entière.

 

Une filière innovante

Vue aérienne de Sedibex sur la zone industrielle du Havre
Vue aérienne de Sedibex, la plus importante usine de traitement des déchets industriels dangereux en Europe © Sedibex

La densité d’industries et leurs connexions maritimes et fluviales prédisposent le territoire à l’innovation dans le domaine de l’économie circulaire. Depuis le milieu des années 50, la zone industrialo-portuaire du Havre (ZIP) accueille plusieurs entreprises dont l’activité contribue à l’écologie industrielle et qui connaissent un rayonnement national voire international. Cette dynamique est porteuse d’un véritable savoir-faire immatériel (compétences, sous-traitance), physique (flux, infrastructures) et organisationnel (mutualisation de services).

 

Au-delà de sa dimension écologique, l’économie circulaire est synonyme de gains de compétitivité potentiels pour les industries. Cette révolution favorise le développement d’activités industrielles sur le territoire. Permettant de répondre à l’impératif de gestion des déchets tout en leur donnant une nouvelle vie dans le cycle économique, la filière est créatrice de valeur ajoutée pour l’économie du territoire.

 

 

Du 20 au 26 mars, la Semaine de l’Industrie ouvre les portes d’acteurs industriels de la région havraise, dont les deux entreprises suivantes :

 

Osilub, un partenariat unique au monde

Depuis 2012, cette unité de régénération des huiles de moteur usagée recycle des huiles venues de toute la France et d’autres pays européens pour en refaire une huile de base servant à nouveau à la production d’huile moteur. Idéalement situé sur le plan logistique, accessible par route, fleuve et fer, le site revend sa production dans toute l’Europe.

En 2017, Osilub vise le traitement de 80 000 tonnes d’huiles usagées. Fruit d’une joint-venture entre Veolia Sarpi et Total, elle est l’un des deux seuls régénérateurs en France, tous deux sur le territoire normand.

Plus d’informations sur www.osilub.fr

 

Sedibex, du déchet à la création d’énergie

Cette filiale de Veolia Sarpi est la plus importante usine de traitement des déchets industriels dangereux en Europe. Ses clients sont des acteurs de la chimie, de la pétrochimie, de l’automobile, de la pharmacie et de nombreux autres secteurs d’activité. Ses trois lignes fonctionnant 7j/7 24h/24 assurent le traitement et l’incinération de 200 000 tonnes de déchets chaque année.

Soumise aux réglementations les plus exigeantes, l’activité de Sedibex est fondée sur une chaîne de traitement ultra-performante, contrôlée en permanence : réception et analyse des déchets, incinération en four tournant à 900°c, lavage des gaz, traitement physico-chimique des polluants concentrés dans l’eau de lavage…

Le centre – qui  fête ses 40 ans cette année – trie et valorise également ses sous-produits comme les ferrailles (recyclées en aciérie), les palettes, papiers, cartons, piles, huiles, néons…

À la clé, la vapeur produite par l’incinération se transforme en énergie vendue aux entreprises reliées au réseau de distribution de 5 km, soit un gain de 120 000 tonnes d’émissions de CO2 par an. L’usine s’intéresse également à la capture de de CO2 émis par les fumées d’incinération, via un projet R&D en partenariat avec l’INSA de Rouen.

Plus d’informations sur www.sedibex.fr